La vie en plein conscience n’est pas toujours rose.
Et si la méditation apparaît de plus en plus comme une pratique aux bénéfices multiples, elle présente aussi, comme toute stratégie thérapeutique, son lot d’effets secondaires et de contre-indications.
À trop chercher à réguler ses émotions, il arrive même que celles-ci disparaissent.
J’ai vu des cas où les méditants avaient 'surrégulé' leurs émotions.
Ils en avaient certes très peu de négatives, mais aussi très peu de positives, jusqu’à une perte d’affection pour leurs enfants par exemple.
Une fenêtre qui dépend à la fois du profil du méditant et du type de méditation pratiqué, certains y consacrant plusieurs heures par jour durant plusieurs années quand d’autres se satisfont de trois à vingt minutes quotidiennes.
S’il est encore difficile aux neurosciences de mesurer la durée optimale pour chacun, cette théorie de la courbe en U inversé devrait encourager les instructeurs à une plus grande vigilance dans leurs pratiques.
Or on ne modifie pas impunément ses états de conscience.
En particulier chez les personnes atteintes d’affections psychiques : dépression, addictions, schizophrénie, troubles bipolaires ou risque psychotique.
Sauf exception, il s’agit de contre-indications.
De trop hauts niveaux de concentration sur soi ont été associés, de façon répétée, à une aggravation de la santé mentale des personnes atteintes de ces pathologies.
En cause ?
Une hyperactivation d’un des lobes du cerveau provoquée par l’interoception, soit l’attention qu’on porte à ce qui se passe à l’intérieur de soi, que ce soit physique ou psychique.
C’est ce qui procure le bien-être promis par la méditation de pleine conscience.
La forme du bien-être en méditation a la forme d'un U inversé.
Autrement dit, il existe une durée optimale au-delà de laquelle le méditant peut se retrouver dans une situation plus inconfortable qu’au départ.